7 prévenus de la filière du Val-de-Marne en procès pour terrorisme

Salim Benghalem
Valérie G.

 

Le procès d’une filière d’acheminement de djihadistes implantée dans le Val-de-Marne se tient ces jours-ci du mardi 1er au lundi 7 décembre, au tribunal correctionnel de Paris. Sept prévenus : Salim Benghalem, Abdelmalek T., Younes C., Paul M., Karl D., Karim H., Medhi seront jugés par la 16ème chambre du Tribunal correctionnel de Paris pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste».

 

Salim Benghalem, principal accusé, absent au procès

 

Le principal accusé, Salim Benghalem, est également le grand absent et il sera jugé par contumace. Il serait en effet en Syrie depuis le printemps 2013.

Salim Benghalem, Français, 34 ans, né à Bourg-la-Reine, marié, père de deux enfants est un ancien délinquant de droit commun qui a gravité autour des frères Kouachi (auteurs des attentats de Charlie Hebdo). Il était le geôlier en Syrie des quatre journalistes français retenus en otage en 2013 et 2014, figure parmi les 10 terroristes les plus recherchés par les États-Unis, est sous le coup d’un mandat d’arrêt international depuis le mois de mai, dans le cadre d’une information judiciaire (selon Le Monde). Il est également le donneur d’ordres de la fusillade du Musée juif de Bruxelles.

 

La prison, centre de radicalisation

 

Encore elle. La prison, véritable de radicalisation des temps modernes. C’est là aussi que Salim Beghalem s’est radicalisé.
En 2001, âgé de 21 ans, Salim Benghalem soupçonné de meurtre et tentative de meurtre, fuit la France pour l’Algérie. Il y reste un an et revient se constituer prisonnier en 2002. Il reste jusqu’en 2008 à la maison d’arrêt de Fresnes. Là il se radicalise au contact de son codétenu : Mohamed El-Ayouni parti se battre en Irak pour le compte d’Al-Qaida.
Pour bonne conduite, Benghalem est libéré en 2008 mais continue de fréquenter Mohamed El-Ayouni et ses activités éveillent l’intérêt des services de renseignements qui le suivent à partir de 2010. A partir de 2014, il figure sur la liste noire américaine, et sous le coup de mandat international «en raison de ses activités liées à l’Etat islamique».

 

Des intentions terroristes clairement dévoilées

 

Salim Beghalem, déclare ses intentions terroristes au plein jour : face à la caméra dans une vidéo de propagande tournée de force par un otage britannique il déclare : “A tous nos frères musulmans, nous leur disons de partir en opération. En Occident, vous êtes des milliers, vous pouvez faire des carnages. Soyez des loups solitaires.”

L’épouse du Français du plus célèbre de l’organisation Etat islamique, entendue en janvier 2014 par les policiers de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) alors qu’elle revenait elle-même de Syrie confirme : “Salim m’a dit que s’il revenait en France, c’était pour faire un attentat et un maximum de dégâts. Il m’a dit que ceux qui reviennent dans leur pays d’origine sont des trouillards.” Elle confirme aussi un court séjour d’entraînement militaire en 2011 avec Al-Qaida au Yémen, où on le soupçonne d’avoir côtoyé un certain Chérif Kouachi, l’un des auteurs des attentats de janvier 2015.

 

Six terroristes présents

 

Les six autres prévenus du réseau du Val-de-Marne ont entre 23 et 37 ans. Ils auraient exercé des responsabilités différentes au sein de l’organisation. Le numéro 2, Abdelmalek T. serait resté en Syrie environ un an et demi, période durant laquelle il aurait combattu sous l’étendard du Front Al-Nosra (affilié à Al-Qaïda) avant de rejoindre celui de Daech. Il aurait recruté des jihadistes, dont quatre de ses co-prévenus.
Younes C., même s’il n’a jamais été s en Syrie, semble avoir été le collaborateur d’Abdelmalek T. en l’assistant comme recruteur pour le compte de Daech.
Paul M., Karl D., Karim H. et Medhi quant à eux sont des «copains de lycée, de quartier ou de mosquée» de Salim Beghalem, Abdelmalek T. et Younes C. Ils y sont restés entre dix jours et deux mois en Syrie, mais un seul y a combattu. Ils ont justifié leur départ en Orient par des difficultés d’ordre personnelles et professionnelles, des discriminations religieuses en France, et par la volonté de réaliser une action humanitaire.

 

Sources :

– http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/filiere-djihadiste-si-benghalem-se-fait-exploser-qu-est-ce-que-j-ai-a-voir-avec-ca_1741594.html

– http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/12/01/le-djihadiste-salim-benghalem-absent-omnipresent_4821504_3224.html#2fQvSZKPBh54QYjd.99

– La Dépêche http://www.ladepeche.fr/article/2015/12/02/2229534-un-proces-sans-salim-benghalem.html