Qui est… Abdallah Benmansour ?

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Par la Rédaction

 

Abdallah Benmansour est un responsable de la communauté musulmane française né le 1er avril 1959 à Sfax en Tunisie et naturalisé.
Un représentant des musulmans français proche des Frères Musulmans
Etudiant en France en ingénierie électrique, il s’engage très tôt au sein d’organisations religieuses et communautaires. D’abord membre du Groupement Islamique de France (GIF), association créée en 1981 issue des Frères Musulmans tunisiens en France. En 1983, il crée l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) avec Mahmoud Zouheir Irak.
L’UOIF est le plus grand regroupement associatif de musulmans en France. Propriétaire d’une trentaine de mosquées et ayant une soixantaine d’associations directement affiliées, l’UOIF représente en tout plus de 150 associations gérant des lieux de culte en France. Son affiliation à l’organisation des Frères Musulmans est connue. De 1985 à 1993 Abdallah Benmansour en est le secrétaire général, sous la présidence d’Ahmed Jaballah – qui pose pour une photographie avec l’ex-président égyptien et membre des Frères Musulmans Mohamed Morsi le 3 janvier 2013. Un reportage réalisé par France 24 en avril 2015 montre des témoignages d’anciens membres « pointant ouvertement les dérives islamistes de l’organisation ».
L’association des Frères Musulmans est une organisation panislamiste créée en 1928 en Egypte par Hassan el-Banna – le grand-père de Tariq et Hani Ramadan. Sur la page Wikipedia consacrée aux Frères Musulmans, nous pouvons lire que « son objectif est la renaissance islamique, la lutte officiellement non violente contre l’influence occidentale ».

L’influence française et européenne d’Abdallah Benmansour

Aujourd’hui, les responsabilités d’Abdallah Benmansour se sont étendues. Il dirige le Forum International de Dialogue et d’Entente entre les Civilisations (FIDEC) dont le but officiel est de renforcer le dialogue et de coordonner l’entente entre les civilisations, de diffuser la portée humaniste du prophète Mohamed et de consolider les liens de la communauté musulmane avec les organismes publics, la société civile et les intellectuels.
Il est également Président de la Fédération des organisations islamiques en Europe (FOIE) de 2014 à 2018. La FOIE s’appuie sur le Conseil européen de la recherche et la fatwa afin d’instruire les musulmans européens et d’encadrer leur vie. L’UOIF en est membre. La FOIE a été inscrite en novembre 2014 sur la liste noire des 83 organisations terroristes émise par les Emirats Arabes Unis, quasiment toutes liées ou issues des Frères Musulmans.
Très écouté, Abdallah Benmansour est régulièrement invité à intervenir au sein de réunions associatives ou dans des mosquées. Il soutient très ouvertement la diffusion de la Charia qui a un rôle salvateur dans ses propos. Lors du discours de la mosquée d’Aulnay-sous-Bois il énonçait « le jour où les Musulmans appliqueront la Charia, tout le monde vivra en paix ! » et que par le passé « Quand les Musulmans ont appliqué la Charia, tout le monde était heureux ». Il reproche aux journalistes d’avoir diabolisé la Charia volontairement ou par ignorance.

Enseignant d’Histoire

Benmansour est également chargé de cours à l’Institut Européen des Sciences Humaines (IESH) de Château-Chinon, le centre de formation de l’UOIF pour les imams de France, dispensant d’un enseignement en langue arabe, théologie musulmane et apprentissage du Coran. Très populaire au sein de l’école, ses cours sont enregistrés et retransmis sur Youtube, notamment son cours concernant l’Histoire de la Palestine et dans lequel il inculque que la Palestine tient une place plus importante que l’Irak « dans la théologie musulmane ». La Palestine est au cœur de ses principales préoccupations. D’après lui, l’Histoire ancienne est « ignorée par les Musulmans et falsifiée par les non-Musulmans ».
Lors d’une conférence à la Mosquée d’Aulnay-sous-Bois en 2011 il justifie un anti-américanisme virulent en disant citer un journaliste australien qui disait : « Je connais l’Histoire de l’Humanité et jamais dans l’Histoire de l’Humanité, ni à l’époque de Genghis Khan, ni à l’époque d’Hitler, jamais il n’y a eu de crimes comme les américains en ont commis en Afghanistan et en Irak. » suite à quoi il dénonce les « crimes » imaginés « par Bush » que le diable « lui-même n’arrive pas à imaginer ».
Son regard sur l’Histoire diffère de l’entendement général. Lors de la conférence annuelle du Bourget de 2013, retransmise sur la chaîne IQQRA TV, il rappelle la participation des musulmans maghrébins aux deux Grandes Guerres avant de conclure : « Les musulmans ont construit la France et sont l’avenir de l’Humanité ».

Un prédicateur dans l’œil de mire de la Justice Française

Dans le passé, les agissements d’Abdallah Benmansour n’ont pas toujours été très appréciés. En octobre 1989, le responsable communautaire et l’UOIF se sont retrouvés sont les projecteurs lorsqu’ils avaient essayé d’enregistrer secrètement les propos d’un directeur d’université afin de faire pression sur lui et de le convaincre de réintégrer trois jeunes étudiantes qui avaient été renvoyées parce qu’elles portaient le voile islamique.
Dans les années 1990, c’est au tour de la cour de Justice française de s’opposer à lui en refusant de lui accorder la nationalité française en raison des liens de l’UOIF avec des groupes extrémistes.
Aujourd’hui, le gouvernement français sous l’égide d’Emmanuel Valls ne s’en prend pas directement à lui mais à ses pairs en annonçant qu’il souhaitait « combattre le discours des Frères Musulmans » en France et ainsi s’opposer à l’UOIF. Un article de France24.com datant du 9 février 2015 révèle que la liste des invités de la conférence annuelle du Bourget, dont Abdallah Benmansour fait partie, est « étroitement surveillée ».