La religion musulmane face aux valeurs républicaines

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Publié par Amélie V.

La République est l’espace commun partagé par les habitants d’un pays. Elle représente donc un Etat régi par des lois auxquelles sont soumis de façon égale les individus au seul non de l’intérêt public qui prime sur les intérêts particuliers.

Entendons par là que cette soumission de chacun à la loi commune est vécue comme un choix délibéré exercé dans une démarche démocratique et non comme une contrainte.
La République devient donc comme le dit si bien, Saad Khiari, le chercheur associé à l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) et spécialiste de l’Algérie et du dialogue interreligieux, « indissociable de la démocratie, qui s’avère elle-même comme un choix de destin pour l’ensemble des vertus qu’elle porte ».

Les valeurs républicaines sont connues de tous et validés par tous, ce, sans quoi la France ne serait pas la France. En effet, respecter les valeurs de la République française est un préalable pour bien vivre ensemble. Il faut donc adhérer à ces valeurs pour permettre la cohésion de la nation.

« Liberté, Égalité, Fraternité » est la devise française symbole révolutionnaire. Elle s’impose sous la IIIe République et est inscrite sur les frontons des mairies.

La laïcité qui depuis la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, garantit la liberté religieuse et l’égalité devant la loi quelle que soit sa religion.

La langue française est partagée par tous les Français, étant donné que le français est utilisé dans la vie publique. Elle assure donc la cohésion de la nation.

Sans oublier que la République indivisible, laïque, démocratique et sociale sont les principes énoncés dans la Constitution de 1958. La République est indivisible (la loi est appliquée uniformément sur le territoire français), laïque, démocratique (les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont séparés) et sociale (protection des citoyens par l’État face à la maladie et au chômage).

Puis, la parité et égalité homme / femme refuse les discriminations, notamment l’égalité des genres qui est garantie depuis 2008.

Ces valeurs établies et comprises, une partie de la population se pose alors la question de savoir si la religion islamique, plus particulièrement celle qui régit les écoles, endroit où l’éducation des enfants et adolescents se forge, y trouve sa place.

La religion musulmane, antipode des valeurs républicaines ? Non ! Celle des Frères Musulmans en France, oui !

Lorsque la plupart des activistes des associations voulant créer des écoles musulmanes en France se réfèrent à la Charte de Hassan Al-Banna, fondateur des Frères Musulmans dans les années 1920, une autre pensée veut se faire entendre, et plus précisément, veut faire entendre ses questions.

En effet, d’après Al-Banna, le fondement de la renaissance se base sur l’éducation et un des objectifs des Frères Musulmans repose sur la formation d’une nouvelle génération parmi les personnes qui croient aux enseignements de l’Islam authentique.
Mais, pour les plus réticents, il devient difficile d’admettre une religion dont le Coran représente leur simple Constitution. La tâche le devient d’autant plus lorsque le fondateur de ce grand mouvement s’adresse à l’un de ses disciples avant son départ pour l’Occident en citant : « Tous les plaisirs apportés par la civilisation contemporaine ne mèneront qu’à la souffrance, une souffrance qui l’emportera sur leur attrait et ôtera leur douceur ». C’est ainsi qu’il lui demande d’éviter les aspects mondains de « ces gens ».

C’est bien le cœur du problème, les plus douteux se demandent comment peut-il y avoir une assimilation parfaite si les musulmans incitent leurs plus jeunes à ne pas se mélanger à la population qui les entoure.

Comment parvenir à faire entendre les lois de la République française si les disciples des Frères musulmans les réfutent sans les connaître ?

Sur l’exemple de la laïcité, un exemple parmi tant d’autres : le port du voile islamique dans les établissements d’enseignement est une polémique qui resurgit périodiquement depuis 1989. Le Conseil d’Etat a fini, après de longues discussions, à l’autoriser à condition qu’il ne soit pas un acte de prosélytisme et n’entrave pas le déroulement des activités scolaires.
Pourtant, sur l’exemple de la laïcité, l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) qui parraine la plupart des écoles, se déclare entièrement en accord avec la loi.
En outre, certains membres ont assuré le service d’ordre des manifestations contre l’interdiction du voile à l’école et dénoncé la loi sur le plateau d’Al-Jazira, allant même jusqu’à affirmer que les femmes musulmanes n’avaient pas le droit de porter le voile dans les rue de Paris. De fait, ils semblent d’accord avec la loi sur la laïcité, à condition qu’elle autorise le port du voile à l’école.

On peut semblerait-il y voir un double discours. Il appartient aux chefs d’établissement d’en décider suivant les situations.

Mais en s’intéressant un peu plus au sujet, nous pouvons voir qu’en Afrique du Nord, le voile est souvent remplacé par un simple foulard qui met en valeur les cheveux de la jeune fille. Quant au Liban, les musulmanes qui, nombreuses, fréquentent les établissements d’enseignement chrétiens ne partent pas le voile.

L’UOIF, en faisant de cette question son cheval de bataille a cherché à « utiliser la religion comme un instrument politique », selon les dires de Malek Boutih, président du S.O.S Racisme, dans le Journal du dimanche. Ce dernier souligne que les gens de l’UOIF « veulent avoir une autorité politique sur la communauté musulmane ».
Il y explique que l’UOIF a étendu son emprise sur les musulmans en menant une action sociale méthodique dans les banlieues.

Il met donc en plein jour l’ambigüité des dirigeants qui se disent respectueux des lois de la République et le fait de développer au sein de la nation française un communautarisme dissuadant les musulmans de s’intégrer.

A contrario, Boubaker El Hadj Amor, responsable UOIF du département Enseignement, entend et appelle les musulmans à respecter la loi qu’il qualifie “injuste,” en trouvant des vêtements discrets qui ne heurte pas l’opinion générale française, en attendant que la mentalité globale du peuple français évolue.

Un problème se pose donc, en montrant clairement que la volonté de s’intégrer ne se révèle que dans l’actualité afin de pouvoir imposer les valeurs islamiques, qui à la base sont aux antipodes des valeurs républicaines françaises, dans un avenir proche.

En revanche, leur discours concernant la mixité, le statut des femmes ainsi que les relations avec les non-musulmans, est on ne peut plus clair. De ce fait, des prédicateurs de l’UOIF comme Iquioussen proscrivent la mixité, y compris sur le Web expliquant que « Satan est présent au même instant ».
D’autres recommandent aux musulmans de ne pas se mêler aux non-musulmans, de se méfier de « l’intégration par le jambon », vu alors comme un péché.

Alors, il importe de savoir, et c’est l’objet de cet article, s’il est juste et légitime d’opposer l’islam en tant que religion révélée – et donc œuvre de Dieu – à une construction imaginée par l’homme – la République – pour décider de son destin.

Mais les plus soucieux se révèlent encore en énonçant ce que dit le Coran :
« O croyant ! Ne prenez point d’amis parmi les infidèles plutôt que parmi les croyants » (V,56)-O croyant ! Ne prenez point pour amis les juifs et les chrétiens, ils sont amis les uns des autres. » (LX,1)
Les plus préoccupés par cette intégration qui ne pourrait peut-être pas s’intégrer réellement si ses disciples se réfèrent à leur Constitution et se soumettent non aux lois temporelles mais à la loi divine.

Pour une intégration complète, il faudrait donc que les Frères Musulmans et tous ceux qui s’en réfèrent, se conforment aux principes de laïcité énoncés dans la loi de 1905, dont il convient de rappeler les deux articles premiers :

Article 1er : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes […] ». Le premier article crée, et on ne peut le nier, un large consensus. Le texte ne laisse que peu de marge pour son application, par les mots « assure » et « garantit ».

Article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte […] »
Par cette loi, l’Etat manifeste sa volonté de neutralité religieuse mais ne s’exonère pas de ses responsabilités. Il veut « garantir » à chacun les moyens d’exercer librement sa religion, dans le respect d’autrui.
L’image que certains islamistes radicaux se sont crées se plaçant comme totalement inconnu face à la pratique de sa religion dans le respect d’autrui, montre que depuis 20 ans, l’offensive islamique apparaît comme conquérant se manifestant dans divers secteurs de notre société comme l’école de la République laïque, les hôpitaux et autres entreprises publiques, ainsi que dans la rue, puis, l’interdiction de plus en plus fréquente du porc à la cantine.

C’est ainsi que toutes ces tentatives d’intimidation et de pression exercées sur les élus de la République ont eu, d’après une grande partie de la population française, pour conséquence que ces mêmes élus, soit pour des raisons électoralistes ou encore pour éviter de s voir taxer d’islamophobe, ont cédé à des revendications communautaristes en totale contradiction avec la République française.