Le football, une porte d’entrée vers l’intégration ou vers le fondamentalisme ?

Football
Par Valérie G.

 

Beaucoup de travail se fait autour du sport comme vecteur d’intégration.

 

« Les exemples de Michel Platini, Luis Fernandez ou Zinedine Zidane, nous suggèrent que le sport, mieux que l’économie ou la politique, peut fonctionner comme un ascenseur social pour des jeunes adultes issus de l’immigration ». Ces paroles ont été prononcées par William Gasparini, sociologue spécialisé dans l’étude du sport et de ses organisations qui a publié notamment en 2010 « Le sport à l’épreuve de la diversité culturelle – Intégration et dialogue interculturel en Europe : analyse et exemple de pratique ».

 

Mais ce qui est bien moins visible c’est à la fois le racisme dont souffrent des jeunes issus de l’immigration qui ne percent pas comme les stars mentionnés plus haut, et plus étonnement encore la radicalisation par le sport.

 

C’est en effet ce que vient de révéler une note confidentielle réalisée cet été par le service central du renseignement territorial (SCRT), chargé de repérer les dérives sectaires, communautaires et identitaires pouvant mettre en danger les valeurs républicaines. Cette note, publiée par RTL, est un document de 13 pages, et liste un certain nombre de dérives observées aux quatre coins de la France, assez éloignées de l’idéal de neutralité et de mixité du sport. Elle met en lumière le prosélytisme et la radicalisation observés dans le milieu du sport amateur.

 

En exemple, des éducateurs sportifs, fichés comme étant des musulmans salafistes par les services de renseignement, qui prient «en déployant des tapis de prière dans les gymnases» tout en encadrant des adolescents ou encore le fait que des prières se font sur la pelouse à la mi-temps d’un match d’une équipe de Perpignan.

 

Citons aussi des gymnases et des vestiaires transformés en lieux de prêche, et encore le club de la Barbe d’or à Roubaix où les joueurs doivent être tous barbus et porter des collants pour que l’on ne voit pas leurs jambes, tandis que les sandwiches servis à la buvette sont tous halal…

 

Les exemples ne s’arrêtent pas là.

 

Il y a aussi l’association sportive de Strasbourg qui contraint les filles à porter le voile islamique et les garçons à prier à la mi-temps ou encore pugilat sur un terrain de Cambrai dans le Nord, parce que les joueurs de l’équipe adverse n’avaient pas obtenu le report du match en raison de la fête d’Aïd-el-Kébir, il ne s’agit là tristement que de quelques exemples cités par les policiers et repris dans l’article du Figaro « L’islam radical cible le sport amateur » du 15 octobre 2015.

 
Ce phénomène n’est malheureusement pas nouveau. En 2012, des journalistes du Progrès ont rapporté qu’ à « Lyon, des musulmans font la prière sur la pelouse d’un stade de foot municipal » et que ce cérémonial, illégal, se répète tous les dimanches à Montchat (3e) dans le stade municipal Juninho. Mais s’il n’en n’est pas nouveau, la radicalisation dans le sport amateur (football essentiellement, mais aussi les sports de combat) prend des proportions de plus en plus grandes.

 

Selon la note du SCRT, les fondamentalistes religieux ‘utilisent’ le sport pour cibler un public jeune en leur proposant d’allier sport et religion, quitte à transformer parfois vestiaires et gymnases en salles de prière.

 

Les policiers du renseignement territorial ont encore constaté que les joueurs d’un club de football amateur situé dans la banlieue de Troyes est financé par des commerces halal qui reverse ses profits à un comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens. Ce club organise les matchs en fonction des horaires des prières musulmanes. Certains joueurs ont été observés en train de pratiquer sur la pelouse, d’autres ont diffusé des messages faisant la promotion du salafisme. Ce communautarisme ne favorise bien entendu pas la venue de footballeurs ne pratiquant pas la religion musulmane.

 

Le terrain de football et plus largement du sport amateur devient ainsi un terrain de recrutement et de radicalisation de jeunes qui aspirent à devenir stars mais surtout ont besoin de se trouver des appartenances que le club leur donne.