Le salafisme, une idéologie extrémiste, mais pas seulement…

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Par Philippe A.

Voilà quelques temps que les termes « Daech », « Frères Musulmans », « Salafisme », « Al-Qaïda », «Boko Haram » peuplent la une de nos journaux. Dans son article « Le salafisme selon Daech: Une arme de manipulation massive » publié le 22 juillet 2014 par Al Huffington Post Maghreb Maroc ,  Mourad Bachir El Bouhali tente de faire un peu d’ordre.

 

Le point commun de ces mouvances est le salafisme lui-même, qui vient du mot “salaf”, signifiant “pieux prédécesseur”, et qui fait référence aux premiers musulmans. Il s’agit d’un retour à une pratique de l’islam originel de l’époque du prophète, et duquel les musulmans d’aujourd’hui se sont éloignés. La ‘galaxie’ salafiste est grande, multiforme avec des objectifs divergeant, mais on peut la répartir en trois grandes mouvances : religieuse, politique et révolutionnaire.

 

La première mouvance selon Mourad Bachir El Bouhali est la majoritaire et la plus calme. Il l’appelle « les salafistes quiétistes » qui cherchent à retrouver l’islam de Mahomet. Ceux-ci n’ont pas la volonté d’influencer l’environnement hors de la religion, ils rejettent la question politique, et toute tentative d’intégrer la pratique de l’islam à un modèle occidental.

 

La deuxième mouvance représente les salafistes réformistes ou politiques qui a pour objectif d’apporter des modifications aux institutions politiques en lien avec la religion. Ces salafistes s’organisent en partis politiques pour faire valoir leur conception dans le cadre d’élections tels les Frères musulmans en Egypte.

 

La troisième mouvance enfin est la plus extrême, la mouvance djihadiste que El Bouhali appelle le « salafisme révolutionnaire ». Celui-ci est apparu dans les camps de Pshawar, au Pakistan sur fond de guerre en Afghanistan contre l’occupation soviétique dans les années 1980. Cette dernière mouvance est minoritaire parmi les salafiste, prône la guerre sainte et revendique une action armée pour imposer la charia et établir des Etats musulmans. Leurs actions violentes les mettent sur le devant de la scène sous les feux des projecteurs et l’amalgame avec les autres salafistes, rapidement fait.

 

Il y a bien entendu, des passages d’un groupe à l’autre, de quiétistes aux djihadistes (et vice versa) ainsi en convient le sociologue Samir Amghar dans son livre « Le Salafisme d’aujourd’hui » (Michalon, 2011)

 

Rappelons que l’objectif de tout salafiste est de voir renaitre un Califat c’est-à-dire un Etat islamique où règne le « Calife », successeur du Prophète et nommé par Allah, où règne la loi islamique, la Charia. Une autre divergence entre les salafistes est que les plus modérés (… ou les moins extrémistes comme les Frères Musulmans) ont le Califat comme objectif à long terme, et l’Etat musulman (où ne règne pas un Calife) une solution intermédiaire au contraire des salafistes plus extrémistes, comme Daech qui veulent voir ce Califat dès aujourd’hui et déclarent la guerre pour conquérir toute entité géographique qui n’est pas (encore) dans ce Califat.