L’investissement du Halal en France

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Par Amélie V.

 

Au sein de l’Islam, le terme halal qui, littérairement, signifie « permis » et « licite », désigne en réalité tout ce qui est autorisé, ou du moins, tout ce qui n’est pas interdit par les lois islamiques, dictées par la Charia.
A l’instar de l’opinion publique, le halal ne concerne pas seulement le domaine de la nourriture, mais elle s’étend sur les habitudes que chaque musulman doit adopter dans la vie de tous les jours, appelée « la morale musulmane ».
Le terme halal désigne le plus souvent l’aliment d’origine animale, ainsi que les boissons autorisées ou non dans le cadre du principe même de la Charia. Ainsi, lorsqu’un musulman étudie ces lois, il est à même de connaître quels sont les aliments autorisés et la manière dont ils doivent être préparés :

 

« Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui de Dieu, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne, et celle qu’une bête féroce a dévorée – sauf celle que vous égorgez avant qu’elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu’on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité. Aujourd’hui, les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi. »

-Le Coran, « La Table », V, 3

 

Ainsi, la méthode prescrite par la loi islamique concernant l’abattage de tous les animaux à l’exception des animaux marins est appelé La Dabihah. Cette pratique doit être réalisée par un musulman en invoquant le nom d’Allah en disant : « Besmillah Allahou Akbar » qui signifie : Au nom de Dieu le plus grand, en utilisant un couteau aiguisé et sans défaut afin de leur permettre d’effectuer une profonde et rapide incision à la point du cou en tranchant l’œsophage, la trachée, la jugulaire ainsi que la carotide pour faire jaillir au mieux le sang qui n’est pas halal au préalable. Dans cette logique, il faut ajouter que l’animal doit absolument être orienté vers la Mecque.

De plus, les musulmans doivent également  veiller à ce que les articles non alimentaires comme les cosmétiques, les vêtements ou encore les produits pharmaceutiques soient halal, en vérifiant bien qu’ils ne contiennent aucun sous-produit d’origine animale interdit.

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Au niveau économique

 

En outre, il faut savoir que par kilogramme de viande, la certification halal coûte entre 10 à 15 centimes d’euros, prélevés dès l’abattage, qui rapporte quelque 50 millions d’euros de chiffre d’affaires par an aux organismes habilités à produire cette certification.
Puis, c’est en France que des arrêtés publiés en 1994 et 1996 ont agrée respectivement la grande Mosquée de Paris, ainsi que la mosquée d’Evry et la grande mosquée de Lyon en tant qu’institutions religieuses autorisées à faire appel à des sacrificateurs permis à pratiquer le sacrifice rituel et à percevoir la taxe liée à la certification.

Le concept Halal s’est développé dans le but de permettre à des industriels de se structurer et de servir les communautés musulmanes dont le pouvoir d’achat a augmenté d’année en année offrant l’accès aux jeunes génération de pouvoir trouver des emplois qualifiés dont la rémunération reste aisément correcte.

 

Par ailleurs, les entreprises privées commerciales ont la totale liberté de proposer à la consommation des produits achetés dans la filière halal. Cependant, pour ce qui est des collectivités publiques, et qui plus est en France, la Loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905, en fonction du principe de laïcité, ne peuvent financer un culte.

On se rappelle alors la polémique dont la France avait été victime en 2012 durant la campagne pour les élections présidentielles. Marine Le Pen, présidente du Front nationale avait affirmé que le type de viande ayant été vendu, à l’insu des consommateurs, était de la viande halal. Elle avait donc mis en évidence que la viande, qu’elle soit vendue en barquette ou à la découpe, n’indiquait en rien sur le mode d’abattage car aucune législation n’oblige à le mentionner.

 

Un marché en forte progression

Certains industriels tel que Doux, Fleury Michon, Duc ou Nestlé ont investi depuis plus d’une dizaine d’année en Europe, même si les boucheries et les épiceries traditionnelles considèrent détenir encore 80% des parts de ce marché. Mais, au niveau mondial, le halal est estimé à 455 milliards d’euros, soit 16% de l’industrie alimentaire mondiale.
Quant à la France, le marché de la nourriture halal est estimé à 7 milliards de dollars d’après un journaliste de CBN News, lors d’une enquête diffusée aux Etat-Unis. Il explique qu’effectivement, ce même marché aurait doublé durant ces cinq dernières années.
D’ailleurs, la grande chaine française de fast-food, Quick, ne sert maintenant plus que des menus halal dans 22 de leurs restaurants.
A contrario, les restaurants Quick en France sont pour plus de la majorité la propriété du gouvernement français, ce qui voudrait dire qu’il est, malgré le fait que la Constitution ait prescrit une laïcité stricte, dans l’industrie de la nourriture religieuse.

C’est alors que le jeune conseiller municipal et président de L’Ordre Républicain, Chares Aslangul a longtemps été en guerre (et l’est encore) contre le Quick Halal.
Il s’exprime en disant :

« Nous respectons toutes les religions mais nous voulons maintenir la séparation entre la religion et l’Etat, et donc la séparation entre une entreprise de l’Etat et l’industrie de la nourriture religieuse : ceci ne devrait pas se produire avec de l’argent public (…) L’islam essaie de s’imposer dans l espace public. Je ne stigmatise pas l’islam : je ne fais que décrire cette situation dans laquelle une aile radicale de l’islam essaie de s imposer par-dessus nos lois Républicaines ».

Puis, Alain Wagner, activiste français de l’alliance contre la Charia s’est aussi exprimé sur le sujet en affirmant que :

« L’islam introduit la charia dans notre société et les fens ne le voient pas clairement. En voyant de la nourriture halal sur les étals, ils se disent : ‘C’est juste de la nourriture, pas un problème’. Non, c’est la Charia. »

Il explique pointe ensuite le doigt sur le financement indirect par le halal du terrorisme islamique.

 

Pour en savoir plus sur ce sujet: Opinion: Aïd el Kebir, pourquoi n’est-il pas interdit ?

En effet, d’après lui et un expert journaliste, Alexandre del Valle, lorsqu’un français achète de la nourriture halal, une partie du prix payée est versée aux experts islamiques du halal, dont, affirment-ils, certains sont certifiés par l’Union des Organisations Islamiques de France, liée aux Frères Musulmans. Alexandre del Valle estime donc que près de 60% de la nourriture halal en France provient de compagnies contrôlées par les Frères Musulmans.
Alain Wagner alerte donc les sociétés occidentales sur leur acceptation de la nourriture halal comme dans les écoles ainsi que les universités, où la viande est servie à l’insu des consommateurs.

 

Ainsi, on se souvient du mufti de Bosni-Herzégovine Mustafa Ceric qui durant son discours au Global Halal Congress, en 2010, avait ordonné les musulmans à « conquérir le monde via le mouvement halal ».
Cet homme est connu pour faire partie du Conseil Européen de la Fatwa et de la recherche qui est un organisme regroupant certains dirigeants des Frères Musulmans, dirigé aussi par le guide spirituel Youssef Qaradawi.