Opinion: France pays des Droits de l’Homme ou de la charia ?

La-Charia-pour-la-France
 Par Pierre Cassen

 

 

La déclaration des Droits de l’Homme en islam a été signée par tous les pays membres de l’OCI (qui ne s’appelait pas ainsi à l’époque), au Caire, bastion des Frères Musulmans, en 1990. Pour la résumer, nous dirons qu’il n’est de liberté possible que si elle s’inscrit dans le respect de la loi islamique, la charia.

Les derniers articles le confirment.

 

Article 22 : « Tout homme a le droit d’exprimer librement son opinion pourvu qu’elle ne soit pas en contradiction avec les principes de la Charia »
Article 24 : « Tous les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration sont soumis aux dispositions de la Charia ».
Article 25 : « La Charia est l’unique référence pour l’explication ou l’interprétation de l’un quelconque des articles contenus dans la présente Déclaration ».

 

On pourrait penser que la France, qui se réclame pays des Droits de l’Homme, échapperait à cette conception moyen-âgeuse de la liberté d’expression. Pourtant, sous la pression de l’OCI, dans toutes les instances internationales où siègent des représentants de pays musulmans, la démarche est la même : interdire toute critique de leur dogme, en l’amalgamant à de l’islamophobie, donc, selon l’amalgame dorénavant bien connu, à du racisme.

 

Les exemples illustrant que ces pressions liberticides sont efficaces, en France, sont nombreux.

 

Ainsi, le 20 octobre prochain, à Lyon, Marine Le Pen en personne sera traînée devant le tribunal, après que le Parlement européen eut voté très majoritairement la levée de son immunité parlementaire, le 2 juillet 2013, décision fort rare. Son crime ? Avoir comparé les prières de rue illégales, dans le 18e arrondissement de Paris, en 2010, à une occupation.

 

« Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça, c’est une occupation du territoire. C’est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s’applique, c’est une occupation. Certes, il n’y a pas de blindés, pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants ».

 

Autre exemple inquiétant, Florian Philippot vient de voir demander par Christiane Taubira la levée de son immunité parlementaire, pour avoir affirmé que le Qatar, partenaire privilégié de la France, finançait les réseaux terroristes internationaux, ce qui est un secret de polichinelle. L’émirat a déposé plainte contre lui (ce qui est fort rare de la part d’un Etat), se choisissant deux avocats réputés, un de gauche et un de droite : Jean-Pierre Mignard (proche de François Hollande) et Francis Szpiner.

 

Mais avec l’affaire du policier lyonnais Sébastien Jallamion, on a franchi une nouvelle étape. Suite à la décapitation du guide de montagne Hervé Gourdel, en 2014, ce policier, sur une page facebook anonyme, a pointé du doigt la responsabilité du chef de l’Etat islamique, le calife Baghdadi, qui multipliait les appels à tuer les mécréants, dans les pays européens. Dénoncé par une collègue de travail, il a d’abord été condamné par le tribunal de Lyon à une peine de 5000 euros d’amende, après que le procureur de la République, Marc Cimamonti, eut requis contre lui 8 mois de prison, dont 5 fermes, l’interdiction d’exercer à vie dans la fonction publique, l’interdiction de posséder une arme pendant cinq ans et la nécessité d’un suivi psychiatrique. Ne voulant pas être en reste, les instances disciplinaires de la police nationale ont suspendu pour deux ans ce policier, ce qui signifie pour lui plus de salaire, et l’impossibilité de s’inscrire au chômage.

 

On pourrait ajouter que, ces dernières années, chose inenvisageable en France il y a encore vingt ans, l’écrivain Michel Houellebecq s’est retrouvé au tribunal par la Ligue Islamique Mondiale et la LDH pour avoir osé dire que «  de toutes les religions, c’est quand même l’islam le plus con ». Brigitte Bardot a connu un véritable harcèlement judiciaire, subissant cinq procédure coûteuses, pour avoir critiqué la barbarie de l’égorgement rituel halal. Nul n’a oublié le célèbre procès de Charlie Hebdo, en 2007, suite aux fameuses caricatures du prophète.

 

Aux Etats-Unis, l’article un de la Constitution garantit la liberté d’expression. En France, longtemps a présidé l’esprit de la phrase attribuée à Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».

 

Mais lors d’un débat, à Montreux, le 3 octobre 2013, Hani Ramadan, directeur du centre islamique de Genève, qui vient de se distinguer en voyant dans l’attentat du train Thalys un coup monté par les Américains, disait, sans ambiguïté : « Le droit au blasphème ? Mais pourquoi aurait-on le droit de blesser les autres dans leurs convictions profondes ? Liberté d’expression, oui, M. Cassen, mais attention, dans la dignité ». Avec d’autres mots, il récitait l’article 22 de la déclaration du Caire.

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Cela n’empêche nullement l’Etat français de dialoguer régulièrement avec les représentants de l’UOIF, émanation des Frères musulmans, organisation considérée comme terroriste par quelques trop rares pays, comme la Russie. On a même vu Alain Juppé, candidat aux présidentielles de 2017, remettre la Légion d’honneur à l’imam UOIF de la mosquée de Bordeaux, Tarecq Oubrou, en 2014.

 

Dans notre pays, il n’y a pas, au niveau du droit, de délit de blasphème. Pourtant, sous la pression des Frères musulmans et de l’ensemble des dignitaires de la religion d’Allah, les juges prononcent de plus en plus souvent des verdicts qui font de plus en plus ressembler la France à un pays régi par les lois de la charia.

 Pierre Cassen est un des fondateurs deRiposte Laïqueet rédacteur régulier du site.