Qui est… Hassan Izzaoui ?

Hassan Izzaoui

Hassan Izzaoui est l’imam et le recteur de la Grande mosquée de Limoges, responsable de la région sud-ouest de l’UOIF. Izzaoui est également le président de CRAISOF, une organisation qui gère les mosquées du sud-ouest de la France et traite de la fixation des dates de fêtes, débattues chaque année selon le calendrier lunaire musulman.
Hassan Izzaoui est connu pour son esprit d’ouverture et son engagement pour le dialogue interreligieux. Fervent défenseur des lois républicaines et d’une intégration totale des musulmans à la France, Izzaoui a maintes fois été une pomme de discorde au sein de l’UOIF, qui rejettent en bloc son penchant démocratique. Il s’est insurgé contre les attaques de Charlie Hebdo, mais aussi toute atteinte à la liberté d’expression et de culte.

Après les attentats de janvier 2015, Hassan Izzaoui a ouvert son office aux autres confessions pour “condamner ensemble le fanatisme”. Il déclare : « assassiner des journalistes, c’est assassiner la liberté d’expression. Or, Charlie Hebdo était le temple de cette dernière. La liberté de la presse est fondamentale et non négociable. Ce qui s’est passé est inqualifiable, immonde ».
Il participera en décembre à un colloque à ce sujet aux côtés de représentants juifs et chrétiens et d’historiens sur le thème de : « Laïcité, Liberté de conscience, Liberté d’exercice des cultes.»

Plus loin, “les musulmans sont doublement affectés. D’abord bien sûr par la mort de ces citoyens, mais aussi parce que ces terroristes agissent au nom de la religion, ce qui est totalement inadmissible. Dès lors, il est évident que l’on peut craindre des amalgames. Déjà, j’avais ressenti ces derniers temps une montée de l’islamophobie, notamment avec les événements de Joué-lès-Tours . De plus, cette islamophobie a tendance à augmenter en temps de crise, comme si l’Islam était responsable de cette dernière?!”. Selon Izzaoui, l’éducation est au coeur du processus
“Nous avons, nous tous, citoyens de ce pays, notre responsabilité. Et c’est par l’éducation que nous devons lutter.”

Pour conclure, dans une interview pour Libération, Izzaoui résume au mieux sa pensée: “Je suis comme tout le monde, je préfère vivre dans un pays où il y a trop de liberté que pas assez. Mais la laïcité est un idéal, et, par essence, l’idéal négocie avec la réalité, or la réalité est en mouvement. La laïcité n’est pas monolithique, elle doit se réinventer perpétuellement. Les musulmans demandent simplement qu’elle s’applique avec les mêmes souplesses et les mêmes rigueurs à l’ensemble des religions. Je crois qu’il faut que notre pays se réconcilie avec le principe fondateur de la laïcité de 1905. A l’époque, il s’agissait de mettre un terme aux conflits en mettant tous les citoyens à égalité devant la loi”.

Il est très critiqué au sein de l’UOIF, dont les membres l’accusent de jouer contre les intérêts de l’organisation.