Qui est… Larbi Kechat ?

larbi

Par la Rédaction

 

Figure importante dans la communauté musulmane de Paris, il a essuyé à maintes reprises des scandales en son nom.

Né en 1952 en Algérie, Kechat a commencé ses études dans son pays d’origine, avant d’immigrer en France en 1972.
Il obtient un diplôme de sociologie à la prestigieuse université de la Sorbonne, et y apprend les belles lettres, la littérature française, la poésie, qu’il aime étudier et citer des vers. Il commence à s’investir dans la communauté directement après ses études, et débute sa carrière confessionnelle en 1979 en participant aux activités d’un groupe de travailleurs musulmans venus principalement du Maghreb, qui se rassemblent pour prier et étudier le Coran. Il devient quelques mois plus tard responsable de la Mosquée Adda’wa dans le 19e, arrondissement qui restera son fief religieux jusqu’à aujourd’hui, où se concentrent toutes ses activités.

« La mosquée Addawa dont je suis le recteur et imam depuis toujours est un lieu particulier au sein duquel j’ai veillé à ce que chacun puisse prier et se ressourcer », affirmait-il dans un clip vidéo publié sur YouTube en début d’année 2015.

Kechat deviendra entre temps l’imam et le recteur de la mosquée, prenant peu à peu les « pleins pouvoir » dans ce haut lieu de culte musulman dans la capitale française, devenant en 1989 le recteur et imam du lieu.
Il est arrêté en août 1994 par les services de sécurité français parmi 26 autres musulmans, dont il est le seul représentant religieux, dans ce qui a été nommé à postériori une « rafle préventive » orchestrée par Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur. Assigné à résidence à Folembray, où ils sont d’abord enfermés, puis relâché et de nouveau astreint à domicile pendant près d’un an, Kechat clame son innocence. 20 suspects arrêtés sont envoyés à Ouagadougou au Burkina Faso, accusés de comploter contre l’occident et de véhiculer une idéologie hautement anti-française.
Les médias concluront à une « lourde erreur judiciaire », mais l’affaire accable le responsable religieux et handicape le bon fonctionnement de son rôle de représentant religieux. Si bien que les scandales, attaques ou autres esclandres dont il devra se défendre ne cesseront d’éclater jusqu’à aujourd’hui.

 
Kechat continue toutefois d’organiser des rencontres entre musulmans et non-musulmans dans le Centre socioculturel qui se trouve dans l’enceinte de la mosquée Adda’wa, et poursuit son service cultuel dans son bastion, pour lequel il consacre toute sa vie. Adda’wa, d’abord construite sur les anciens entrepôts Bouchara acquis en 1969 et transformé en un des plus grands lieux de culte d’Europe pour les musulmans, a dû se déplacer à Porte de la Villette dans le 19e pendant près de 15 ans. Kechat a en effet mobilisé toute son énergie à obtenir un terrain, des financements et des bras, pour faire reconstruire Adda’wa au 39 rue de Tanger, et en faire un immense complexe qui pourra accueillir des milliers de fidèles. Les travaux, entrepris au début des années 2000, ne sont toujours pas achevés. Parmi les principaux mécènes participant au projet, que l’on peut voir sur la page d’accueil du site officiel de la future Grande Mosquée Addawa, on peut noter trois sommités du monde Musulman, le Cheikh Egyptien Youssef Al-Qaradawi, le Syrien Saïd Ramadan Al-Bouthi et l’égyptien Omar Abdelkafy.

 
Le septuagénaire algérien a encore essuyé un autre scandale en janvier, après les attentats des Frères Kouachi à Charlie Hebdo. Les frères et toute la fameuse « filière des Buttes-Chaumont », un groupe de candidats au djihad fomentant des attentats en France, priaient dans la mosquée dont Kechat est le recteur et imam depuis 1989. Cependant, des bribes de discours condamnant farouchement les caricatures sur le prophète ont pu être entendues chez Kechat :
« Il faut savoir dans quel contexte, très violent, ont eu lieu ces caricatures. Les médias en Occident ont gonflé le volume de ces réactions qui font peur c’est vrai à la télévision quand vous voyez les ambassades brûler au Moyen-Orient. »
Très bon orateur, figure confessionnelle accessible et proche de ses fidèles, il donne régulièrement des conférences, prêches et discours dans d’autres lieux importants de l’islam de France, malgré les accusations régulières qui freinent son ascension.