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Comment l’EI est-il devenu si riche ?
petrole EI

 

Par Amélie V.

 

Pour comprendre comment l’Etat Islamique finance ses terroristes, il faut connaître ses origines.
Selon The Guardian (quotidien britannique), c’est derrière les murs d’une des prisons américaines de Camp Bucca située dans la ville de Garma, perdue dans le désert irakien, que les premiers fondateurs de l’organisation ont ébauché leur réseau en 2004, en inscrivant les coordonnées de leurs codétenus sur l’élastique de leurs boxers dans le but de reprendre contact avec eux à leur sortie de prison 5 années après.

 

 

Origines de l’Etat Islamique

 

L’Etat Islamique a débuté il y a une dizaine d’années en Irak,  dirigé et supervisé par Ayman al-Zawahiri, après l’invasion américaine.

Il se présente comme une branche d’Al-Qaïda dont ce dernier était connu pour en être le chef du réseau.
L’Etat Islamique a su au fur et à mesure combler le vide sécuritaire et gouvernemental engendré par la désintégration de l’armée irakienne et du régime de Saddam Hussein, ajouté à ça une aliénation croissante des musulmans sunnites envers le gouvernement chiite mis en place à Bagdad et parrainé par les Etats-Unis.

 

Par la suite, la nouvelle branche d’Al-Qaïda qui s’établit de plus en plus et de façon progressive en Irak, durant les combats contre la puissance mondiale et ses alliés, est devenue une force centrale au sein des insurgés anti-américains.

En 2011, la guerre civile éclate en Syrie, ce qui a représenté un terrain favorable pour la consolidation d’Islamic State in Iraq (ISIS) dans ce pays. Ainsi, en janvier 2012, le Front Al-Nusra (Front de soutien) a été fondé comme branche syrienne de l’organisation irakienne.
En outre, ces deux groupes furent en désaccord complet dès le début et le Front-Al-Nosra s’est vu dans l’obligation de se séparer de l’Etat Islamique (ISIS).

 

Idéologie de l’Etat Islamique

 

Il faut comprendre que l’Etat Islamique ou ISIS est une organisation islamique salafiste djihadiste.
Le salafisme est un mouvement politico-religieux extrémiste sunnite de l’Islam qui cherche à restaurer les prémices de l’Islam édifiés à l’époque du prophète Mahomet ainsi que des premiers califats qui ont suivi).
En d’autres termes, l’âge d’or de l’islam sera restauré par l’établissement d’un califat islamique supranational gouverné par la loi religieuse islamique appelée Charia, qui soit dit en passant se trouve être le même but que celui des Frères musulmans, selon son interprétation la plus extrême.

 

Capacités militaires de l’Etat Islamique

 

A aujourd’hui, l’Etat Islamique possède un peu moins de 30 000 membres en Irak et en Syrie dont environ 15 000 sont des volontaires étrangers (5 000 de pays occidentaux).
Une fois arrivés en Syrie ou en Irak, ils bénéficient d’une formation militaire assez courte avant de participer aux combats, sans oublier une étape fondamentale qui est l’endoctrinement dit salafiste djihadiste.
En ce qui concerne son armement, l’Etat Islamique possède un large arsenal d’armes dont la plupart ont été volées en Syrie et en Irak.
En revanche, on y trouve des armements lourds dont les technologies de pointe font généralement partie des armées nationales régulières.

 

Capacités financières

 

Il n’y a pas si longtemps, cette branche terroriste était financée par de grands pays tels que l’Arabie-Saoudite et le Qatar qui étaient soucieux d’apporter leur aide contre Bachar el Assad.
Mais depuis une avancée des organisations en Irak a vu le jour et les monarchies du Golfe ont dû revoir leur stratégie.
L’Etat Islamique a su, depuis plusieurs années maintenant, prendre le contrôle des infrastructures gouvernementales ainsi l’Etat Islamique a dû diversifier ses sources de revenu comme le contrôle des sources de pétrole avec l’exportation des produits pétroliers qui reste la principale source de revenus de l’EI dont les bénéfices sont estimés à plusieurs millions de dollars par jour puis des raffineries.

 

Ensuite, à Mossoul, la branche terroriste s’est concentré sur l’acquisition des banques centrales qui selon Bashar Kiki, chef du conseil provincial de Ninive, les réserves des banques de la ville atteindraient environ 400 millions de dollars, auxquels il faut ajouter 250 millions qui se trouvaient dans les coffres du conseil provincial. Et des réserves de dollars sans oublier les zones les plus larges qui sont actuellement sous contrôle en imposant un droit de péage et un impôt révolutionnaire.

 

Enfin, l’Etat Islamique a pour habitude de piller tous ses otages et les rançons pour leur libération, ce qui augmente considérablement ses revenus et qui fait de cette organisation terroriste la plus riche de la planète dont le budget avoisinerait les 2 milliards de dollars.
De plus, selon un rapport du Groupe d’Action Financière, divers pays ont les moyens juridiques pour couper court à certains transferts financiers à destination d’organisations ou d’individus recensés comme terroristes.
L’institution, dans un de ses rapports a étudié 194 pays donc 4 qui ne considèrent pas le financement d’une organisation terroriste comme un crime en soi.
Tous les autres ont mis en œuvre des lois punissant le fait de collecter de façon intentionnelle des fonds pour les aider à commettre des actes terroristes.
En outre, le nombre de pays ayant procédé à une condamnation (au minimum) dans le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme reste assez médiocre.
En effet, moins d’un pays sur cinq. L’Arabie Saoudite se trouve la première de cette liste avec 863 condamnations prononcées depuis 2010. S’en suivent les Etats-Unis avec une centaine, la Turquie et la France qui prend la cinquième place avec une cinquantaine de condamnations.

La peine maximale encourue dans la plupart des pays reconnaissent le financement d’une organisation terroriste comme un crime qui varie entre 10 ans de prison à l’emprisonnement à vie.
Puis, des mesures de gel des avoirs financiers ont été prises en compte dans 37 pays. L’Arabie Saoudite arrive encore en tête avec 31,3 millions d’euros au total, les Etats-Unis avec 20,5 millions d’euros, Israël avec 6 millions d’euros ainsi que la France, loin derrière avec seulement 230 000 euros gelés.

Afin d’empêcher toute envie de soulèvement, l’EI cherche à terroriser ses adversaires en pratiquant la crucifixion, la décapitation, la flagellation ainsi que la lapidation des femmes accusées d’adultère.
Enfin, afin de donner plus de poids et de crédibilité à ses agissements, il les diffuse sur les réseaux sociaux.

 

Vers une solution ?

 

Lundi 23 novembre, le gouvernement a annoncé une série d’initiatives visant à améliorer la traque des financements du terrorisme, dont un meilleur encadrement des cartes bancaires prépayées qui ont été largement utilisées pour préparer les attentats du 13 novembre à Paris.
« Si des terroristes parviennent à commettre des attentats, c’est parce qu’ils peuvent se procurer les ressources financières pour ce faire, en France et à l’étranger », a affirmé Michel Sapin, ministre des finances, lors d’une conférence de presse. « Les sommes en jeu sont souvent modestes », étant donné que les terroristes cherchent à « échapper à toute traçabilité ». Michel Sapin a donc souligné le fait qu’il faut « resserrer les mailles du filet, pour rendre plus difficile et plus repérable l’argent du terrorisme ».

 

Parmi les dispositifs annoncés figure le renforcement des pouvoirs de Tracfin, cellule en charge de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
Le gouvernement entend donc durcir les mesures de gel des biens visant les personnes impliquées dans des actes terroristes, en les étendant aux biens immobiliers et aux voitures, mais aussi à certaines prestations sociales.

 

Aussi, et pour dépasser le sujet du financement, faudrait-il peut-être surveiller les institutions proches des Frères musulmans comme l’Union des organisations islamiques de France, qui ont sous leur coupe les mosquées radicales, afin que les jeunes ne se fassent plus influencer…