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La Journée des Droits de l’Homme en question chez les Frères musulmans
Droits de l'Homme
Par Inès M.

 

Aujourd’hui marque un anniversaire important : celui de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1950. Première tentative de proclamation d’un idéal commun à tous les hommes, cette déclaration est empreinte de foi dans la capacité des hommes à reconnaitre la valeur égale de toute vie humaine et l’indéfectible lien qui unit les hommes entre eux, au-delà de toute différence culturelle ou nationale.
Aujourd’hui les droits de l’homme sont un échelon de valeur incontournable, et peu sont ceux qui oseraient ouvertement s’en affranchir. Nous assistons donc à un dévoiement des droits de l’homme plutôt qu’à une violation avouée et revendiquée. Ceci est notamment vrai des Frères musulmans, qui officiellement, et selon un de leurs dirigeants, Essan el-Erian, soutiennent les droits de l’homme « avec des nuances propres à chaque pays ». L’ajout des « nuances » parait mineur ; il est énorme. Car avec cette précision sibylline, ce que M. el Erian souhaite dire (et ce qu’il dira explicitement au journaliste qui l’interroge) c’est qu’en aucun cas les droits de l’homme ne s’appliquent aux homosexuels. Et oui, la tautologie des « animaux plus égaux que d’autres » se trouve bien vérifiée chez les Frères musulmans qui se vantent d’un respect des droits de l’homme bien particulier puisqu’il exclut : les homosexuels, les femmes, les non musulmans, et même les musulmans non-croyants.
Petit tour d’horizon.

 

Les Frères Musulmans considèrent que l’homosexualité constitue une violation de la loi islamique. En conséquence, la Confrérie instigue ou soutient sa répression. En Egypte, par exemple, les Frères musulmans ont soutenu les attaques du gouvernement contre les homosexuels. Comme le note un spécialiste de cette question, Hassan El Menyawi : le soutien des Frères musulmans aux attaques du gouvernement contre les homosexuels a légitimisé ces « cours de justice d’urgence », utilisées pour détenir et torturer les homosexuels.
Les leaders spirituels des Frères musulmans sont particulièrement clairs sur le sort à réserver aux homosexuels. Ainsi, un clerc influent des Frères musulmans, le koweitien, Tareq Sweidan a déclaré sur Qatar TV: « Quiconque commet la sodomie, il convient de le tuer ainsi que le sodomisé. Les clercs ont décidé de la manière dont un homosexuel doit être tué. Ils ont dit qu’il devrait être lapidé. D’autres clercs disent qu’il doit être jeté du haut d’une montagne. Les gouvernements et pays doivent implémenter la loi strictement contre toute personne commettant une telle abomination… qui pourrait faire dévier la société toute entière.»

 

De même, Youssouf Al-Qaradhawi a décrit sur son plateau régulier d’Al Jazeera la punition réservée aux homosexuels : « La même punition que pour tout pervers sexuel – la même que pour les fornicateurs. Les écoles de pensée divergent quant à la punition. […] Certains pensent qu’il faut les jeter du haut d’un endroit élevé, comme D.ieu l’a fait avec le peuple de Sodome. D’autres disent qu’il faut les brûler. La chose à retenir est qu’il faut traiter cet acte comme un crime. »
Mais les exceptions au respect des droits de l’homme ne s’arrêtent pas là…. Elles concernent aussi les minorités non-musulmanes qui ne sont pas traitées en égales, en vertu du principe « la parole d’Allah est le règne suprême et celle des infidèles sera inférieure », énoncé, encore récemment, par le guide suprême des Frères musulmans, Muhammed Badi.

 

Et les faits sont parlants : lorsque les Frères musulmans prennent le contrôle de l’Egypte de Morsi en 2013, un des premiers développements est la mise à sac de 160 propriétés appartenant à des chrétiens, l’incendie de plus de 50 églises coptes, et l’assassinat de plusieurs chrétiens, tandis que le chant « mort aux chrétiens » résonne dans les rues du Caire. Plus récemment, en mars 2015, des partisans armés de la confrérie ont attaqué six chrétiens coptes alors qu’ils rendaient hommage aux victimes chrétiennes de l’Etat islamique.
Evidemment, parmi les minorités religieuses dont l’infériorité est affirmée, on trouve les juifs au bas de l’échelle. Les Frères musulmans demeurent violemment antisémites. Selon Youssouf al Qaradawi, leader spirituel des Frères musulmans « Aujourd’hui les juifs ne sont pas les israélites dont Allah a fait l’éloge, mais les descendants des israélites qui ont défié sa parole. Allah était en colère contre eux et les a transformés en singes et en porcs… Il n’y a pas de doute que la bataille durant laquelle les musulmans vaincront les juifs viendra. Durant cette bataille, les musulmans vont combattre les juifs et les tuer. »

 

Mais les infidèles ne se trouvent pas seulement au sein de minorités non-musulmanes, ils incluent également les musulmans non-croyants contre lesquels le djihad est tout aussi légitime. Ainsi, Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans déclarait dans l’un de ses discours : « Quiconque est un musulman dans sa croyance mais imite le non-croyant dans tout le reste ne vaut pas mieux qu’un infidèle. »
A l’heure où nous célébrons la déclaration des droits de l’homme, faisons tomber les masques de faux frères et autres hypocrites qui affirment les soutenir… avec des exceptions. Il n’y a pas d’exception à l’égale dignité des vies humaines. Soutenir le contraire revient à nier de manière absolue l’esprit et la lettre de la déclaration du 10 décembre 1950.