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Comment est financée l’UOIF ?
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Par Valérie G.

 

Officiellement l’UOIF ne reçoit d’aide financière d’aucun État. Cependant, il est de notoire que ses mosquées sont également construites grâce aux dons des grands mécènes du Golfe. Les dirigeants de l’UOIF affirment que ses fonds ne proviennent qu’à 30% de particuliers à l’étranger.
Les mécènes versent 10% de leurs revenus, pour être en conformité avec le principe de l’aumône légale.
L’argent afflue sur les comptes de l’UOIF qui pratique la discrétion sur l’origine de ses moyens financiers, et leur montant réel. De notoriété publique, on sait toutefois qu’une importante partie de ces fonds proviennent du Conseil national des mosquées, installé à La Mecque, de la Fondation internationale islamique de charité, basée au Koweït, relais privilégié des Frères Musulmans depuis 30 ans, ainsi que de l’Union des organisations islamiques en Europe, via des islamistes égyptiens et syriens installés en Allemagne, liés aux responsables de cette fédération dont le siège administratif se trouve à Birmingham.
Aujourd’hui, l’UOIF s’autofinance également grâce à la certification halal, un commerce communautaire qu’ils ne cessent de promouvoir tant il est lucratif.

Emirats arabes unis et Arabie Saoudite

Au départ, l’UOIF a été subventionnée par le cheikh Zayyed [ex-président du Conseil suprême des Emirats arabes unis]. Ensuite, elle fut essentiellement financée par la Fondation Al-Maktoum, du nom de la famille de l’émir de Dubaï (capitale des Emirats arabes unis).
L’Etat saoudien qui, au travers de la Ligue islamique mondiale, a ainsi longtemps financé cette idéologie, et accordent des millions d’euros par an pour faire rayonner à travers le monde le « vrai islam ». En France, plusieurs mosquées ont été construites grâce à des fonds provenant des monarchies arabes et de la Ligue islamique mondiale telles les mosquées d’Evry et de Mantes-la-Jolie.
A partir de 1987 l’UOIF connait un réel développement grâce à une pluie de pétro-dollars en provenance du Machrek. L’argent arrive de Riyad, transporté dans les valises des responsables . En faisant de la fédération de l’UOIF leur mandataire principal, les Saoudiens (principalement de dons provenant de particuliers) lui donnent la puissance et imposent aux petites associations de rejoindre l’union pour bénéficier des prébendes arabes.

En 2014 les Emirats arabes et l’Arabie saoudite classent l’UOIF comme organisation terroriste et la manne cesse.

Qatar

L’émirat du Qatar investit discrètement en finançant des mosquées et soutenant l’Union des organisations islamiques de France. La loi de 1905 ne permet pas à l’Etat francais de financer les lieux de culte. Le Qatar investit donc logiquement dans des mosquées dont la gestion échoit à l’UOIF ou à ses satellites régionaux. Il a ainsi financé en grande partie la mosquée Assalam de Nantes, administrée par l’association islamique de l’Ouest de la France (AIOF), qui a coûté 4,4 millions d’euros. Même chose à Mulhouse, où la Qatar Charity a dépensé 2 millions d’euros. A Marseille, l’émirat payera 25% des 22 millions d’euros nécessaires à la future grande mosquée qui pourra accueillir entre 10 000 et 14 000 fidèles.
Qatar Charity est aussi présente en janvier 2009 lorsque l’Association des Musulmans d’Alsace (AMAL) commence la construction de « An Nour », un projet particulièrement grandiose : 4600 mètres carrés sur deux niveaux, une école et des commerces, une capacité d’accueil de 2000 fidèles. Coût total: sept millions d’euros. La même année, le Qatar finance, pour des montants similaires, un centre culturel à Reims.

A la tête d’une fortune colossale, et vivant au Qatar, Al-Qaradhawi est le conseiller religieux de la plupart des grandes banques islamiques dans le monde. Prédicateur télé sur la chaîne Al-Jazira, il prêche un islam très rigoureux et radical politiquement. Aujourd’hui, Al-Qaradhawi est président du Conseil européen de la fatwa et guide spirituel tout à la fois de l’UOIF et de Tariq Ramadan. Si Al-Qaradhawi demande de l’argent à l’un de ses anciens élèves, il l’obtiendra, et nul n’osera jamais lui demander la destination de ces fonds. .

Koweit

Les affaires des foulards, de 1989 tout d’abord au collège Havez à Creil et en 1994 au Lycée Faidherbe de Lille font beaucoup de bruit en France… et à l’étranger. Bruit qui outre la portée au sein de l’hexagone aura comme conséquence (principale ? secondaire ?) pour L’UOIF d’obtenir de substantiels dons de ses bailleurs de fonds saoudiens et koweïtiens.
Ces fonds vont permettre à l’UOIF de se lancer dans un vaste projet : la création d’un Institut européen des sciences humaines (IESH) qui deviendra l’université islamique de Bouteloin, centre de formation théologique, école coranique supérieure destinée à former des imams français.

Mais le centre de Bouteloin a parfois d’autres utilités, comme par exemple en septembre 1993, quand une délégation koweïtienne sollicitera les responsables de l’institut pour conclure un accord commercial portant sur l’achat de viande. Et encore, en janvier 1994 le ministre des Biens Islamiques et des affaires religieuses de ce même Koweït a promu Ahmed Jaballah superviseur en France des viandes exportées vers le Koweït. Un privilège très honorifique mais aussi particulièrement rémunérateur.

Autonomisation financière

Le processus d’autonomisation financière qu’a engagé l’UOIF est une nécessité stratégique. On s’accordera pour dire que dépendre financièrement de l’extérieur réduit la marge de manœuvre impartie au mouvement, mais plus important, atteindre l’autonomie financière garantit une certaine pérennité au mouvement .

Ainsi l’UOIF a investi le marché du halal. Celui-ci constitue un bon moyen de générer du liquide tant sur le marché français qu’à l’export. Le marché du halal représenterait officiellement plus d’un milliard de chiffre d’affaire par an (en 2004), officieusement cinq fois plus. Il a en outre un potentiel de développement, tant la liste des produits déclarés licites s’allonge.
A l’international, le bureau de contrôle et de certification religieuse de la viande halal permet l’exportation. L’UOIF bénéficierait du quasi-monopole de l’exportation vers les pays du golfe.
Enfin, et à plus long terme, les dirigeants de l’Union misent sur l’acquisition en vingt ans d’un patrimoine immobilier de onze millions d’euros qui pourrait générer cent six mille euros de dividendes mensuels .
Le jour où une organisation telle que l’UOIF atteint l’autosuffisance financière par la collecte auprès de ses coreligionnaires et les dividendes de ses placements, pourra-t-on dire qu’elle a réussi à construire la communauté musulmane de France ?
Le grand rassemblement du Bourget est également source de financement. Dans cette grand-messe annuelle Des dizaines de milliers de musulmans de toute la France et de toute l’Europe
Des exposants vendant des produits islamiques tiennent des stands : on peut y trouver des ouvrages, des DVD, des vêtements islamiques (foulards, khamis…), des gadgets… Notons que c’est la seule foire d’une telle importance qui existe en Europe.

A qui, à quoi sont destinés ces fonds ?

L’UOIF soutient financièrement les avocats des filles voilées qui attaquent en justice l’Etat pour pouvoir porter le voile à l’école. Mais la principale dépense consiste à acheter et à construire des locaux, pour gagner de l’importance : les élections au CFCM sont fondées sur la superficie des mosquées de chaque organisation ou fédération musulmane de France. Plus on possède de mètres carrés, plus on dispose d’électeurs, et plus on compte politiquement.

 

Sources:

1 [http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Documentsterrorisme/organisations-islamistes-france.html#ancre33541]
2 [http://www.liberation.fr/societe/2013/04/26/les-musulmans-dans-la-mire-du-qatar_899408]
3 http://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/la-face-cachee-de-l-uoif_486103.html
4 Cette partie se réfère à thèse de Thèse de Fabrice Maulion – Diplôme universitaire de 3è cycle – Département de Recherche sur les Menaces Criminelles Contemporaines Décembre 2004 « L’organisation Des Frères Musulmans – Evolution Historique, Cartographie Et Eléments D’une Typologie (I) » Sous la direction de Xavier Raufer – Université Panthéon-Assas – Paris II

5 Les dossiers de l’Express – 21.11.02
[www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/la-face-cachee-de-l-uoif_486103.html]
6 [www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/la-face-cachee-de-l-uoif_486103.html]