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La FNEM – Fédération nationale des établissements privés musulmans
FNEM

La FNEM, la Fédération Nationale de l’Enseignement Privé Musulman, a été créée officiellement le 22 mars 2014 à Bagnolet par une dizaine d’établissements, pour être « la première instance représentative de l’enseignement privé musulman en France ». L’organisme a vu le jour grâce à des membres de l’UOIF, l’Union des Organisations Islamiques de France, Makhlouf Mamèche et Mohsen Ngazou.

« La FNEM s’est donné pour objectifs d’œuvrer pour la promotion, la structuration et le développement des écoles et des établissements scolaires musulmans en France » peut-on lire plus loin sur le site internet de l’organisation.

Financements

La fédération a annoncé officiellement que 5% de son budget provient de dons du Qatar. Toutefois, certaines sources affirment que plus de 90% des fonds de la FNEM sont financés par des mécènes du Golfe (officiellement, 250.000 euros ont été versés par la Banque de développement d’Arabie saoudite et 800.000 euros du Qatar depuis sa création). Riyad ne cesse d’injecter des fonds dans ces projets, pour alimenter la force associative musulmane dans l’hexagone.

La loi sur le port du voile en 2004 a été à la fois un moteur et un tremplin au bourgeonnement de ces projets. Selon les déclarations officielles de l’organisation elle-même, les frais de scolarité payés par les élèves et le soutien du gouvernement français couvrent à peine les salaires des enseignants et sans des contributions qataries (envoyées par l’émir du Qatar) l’organisation ne pourrait pas survivre. Mamèche et Ngazou font d’ailleurs de nombreux allers-retours dans le Golfe pour entretenir de bons rapports avec leurs créanciers. Nabil Ennasri, une des têtes pensantes de l’UOIF et des Frères musulmans, est également un soutien à la FNEM, de par ses connexions capitales avec l’émir du Qatar.

De hauts représentants de ce pays auraient d’ailleurs assisté à la cérémonie de remise des diplômes du lycée Averroès en juin 2014, pour soutenir l’établissement qui a obtenu des résultats d’excellence au baccalauréat. Au cours de cette cérémonie, un responsable du Qatar a déclaré pendant le discours de félicitation : “les femmes seront vêtues de voiles, même dans les écoles publiques dans toute la France”.

Il a également été constaté que l’école secondaire Ibn Khaldoun a été financée par des dons de la mosquée avoisinante pour un montant de plus de 3 millions d’euros.

De surcroît, trois des quatre écoles représentées par la FNEM sont sous contrat d’association avec l’Etat, permettant de couvrir les salaires des enseignants.

Son programme

Conseillère et coordinatrice des établissements d’enseignement privé musulman en France, la FNEM entend enrôler dans ses rangs toutes les écoles et projets en cours, en leur proposant des partenariats.

Les collèges-lycées sous contrat avec l’Etat, comme le lycée Averroès à Lille, le lycée Al-Kindi de Lyon et le lycée Ibn Khaldoun de Marseille, doivent inclure les programmes de l’Education nationale dans les matières lambda (mathématiques, Français, etc.), mais ont les mains libres quant au choix des spécialisations qui se rattachent à l’islam (cours d’arabe, pensée islamique…). Ces cours optionnels ne font pas l’objet d’une inspection académique comme les autres classes.

La FNEM a également un droit de regard sur les cours subsidiaires dispensés d’arabe et d’islamologie.

De surcroît, la FNEM propose aux établissements musulmans une formation professionnelle continue de tous les personnels, enseignants et non enseignants, de leur établissement.
Les établissements pionniers de la FNEM sont : L’école la Plume de Grenoble crée en 2001 ; le Lycée Collège Averroès de Lille crée en 2003 ; le Groupe scolaire Al-Kindi de Lyon crée en 2007 ; le Collège Lycée Education et savoir de Vitry sur Seine crée en 2008 ; le Collège Lycée Ibn Khaldoun de Marseille crée en 2009.

Selon les fondateurs de l’organisation : « chacun des établissements à l’origine de la FNEM a pu mesurer son isolement dans son fonctionnement administratif ou pédagogique, sa solitude dans sa relation aux pouvoirs publics quand cela n’a pas été de l’indifférence voire de l’hostilité. Chacun a donc compris combien il devenait vital pour les établissements musulmans de se regrouper pour s’entraider, de se rassembler pour peser, de se structurer pour compter et se compter ». Le projet global de la FNEM entend palier des déficiences de la République française au regard des musulmans de France.

Le président, élu à plus de 70%, est Makhlouf Mamèche. Avec un DEA en sciences politiques, il est le directeur adjoint du lycée-collège Averroès de Lilles, vice-président de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France), chargé de l’enseignement privé et membre du CFCM (conseil français du culte musulman). Mamèche construit de solides ponts entre l’UOIF qui parraine la fédération à but pédagogique, en témoigne la venue du président de l’UOIF, Amar Lasfar, au premier rassemblement de la FNEM en mai 2015.

Les établissements d’enseignement privés musulmans garantissent la liberté de conscience et de culte, dont le port du voile pour les femmes, ainsi que d’autres insignes religieux interdits par la loi sur le port de symboles religieux dans l’espace public de 2004.

Les cours d’éthique musulmane sont au cœur du projet de ces établissements qui se nourrissent également de toutes les activités éducatives et culturelles liées à l’Islam.

Quelques mois à peine après la fondation de la fédération, un séminaire de formation a été organisé par la FNEM et a eu lieu à l’IESH (Institut des Science humaines), sur le sujet « créer un établissement scolaire musulman ».

Sur internet, les critiques fusent à l’encontre de la FNEM, portant principalement sur l’aspect opaque de ses revenus. L’influence des pays du Golfe sur l’enseignement musulman français est mise en cause.
Cinq établissements musulmans ont refusé d’adhérer à la fédération, évoquant des contenus trop radicaux parfois, pas assez islamiques et coraniques selon d’autres.

Idéologie

La FNEM, tout comme son sponsor l’UOIF, s’inscrit dans l’idéologie des Frères musulmans en France.

Un autre personnage controversé a accompagné le projet de la FNEM depuis sa création, Hassan Iquioussen, appelé « prédicateur de banlieue » est connu pour ses propos antisémites et anti-occidentaux. Il fut enseignant de culture islamique au lycée Averroès jusqu’à 2011 avant d’en être congédié en raison d’un tollé public. Après les attentats de Charlie Hebdo et de l’hypercasher de Porte de Vincennes, Iquioussen a justifié les attaques qui, selon lui, étaient « réfléchies ».

Un autre scandale a éclaboussé la fédération lorsqu’en janvier, le professeur du lycée Averroès Soufiane Zitouni a dénoncé les débordements radicaux de ses employeurs, accusant les enseignants, le personnel pédagogique et la FNEM d’inciter à la haine.